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 La Guerre d'Indépendance [1954-1962]

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samir_reghaia
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MessageSujet: Re: La Guerre d'Indépendance [1954-1962]   Mer 8 Jan - 13:40

Révélations sur l'assassinat de Maurice Audin.


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MessageSujet: Re: La Guerre d'Indépendance [1954-1962]   Sam 26 Avr - 10:58


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MessageSujet: Re: La Guerre d'Indépendance [1954-1962]   Mar 10 Juin - 18:06


Algérie : quand l'armée française avoue tout

Armée française(265) - colonisation(227) - exposition(226) - guerre d'Algérie(80)



19/07/2012 à 17:32 Par Renaud de Rochebrune

L'exposition aux Invalides revient sur la présence douloureuse de l'armée française en Algérie. © AFP
L'armée française organise une exposition sur la guerre menée contre l'Algérie, ancienne colonie. Rien n'est caché. Pas même les épisodes les plus gênants qu'elle a longtemps niés.
On avait toutes les raisons de craindre le pire. Les deux militaires français les plus prestigieux ayant exercé des commandements pendant la guerre d'Algérie, Massu et Bigeard, ont persisté à nier après 1962 que l'armée française ait pu employer la torture lors du conflit. Le premier, celui-là même qui a décidé puis encouragé cette pratique, ne l'a finalement reconnue du bout des lèvres que longtemps après, juste avant sa mort, il y a dix ans. Le second n'a jamais voulu l'admettre jusqu'à sa très récente disparition, en 2010. Comment imaginer dans ces conditions qu'une exposition sur les cent trente-deux années de colonisation de l'Algérie organisée par le musée de l'Armée à Paris puisse être autre chose qu'une manifestation à la gloire des militaires tricolores et des trop fameux « bienfaits de la colonisation » que fantasment certains députés français de droite ?
Disons-le tout net : le contenu même de l'imposante exposition « Algérie 1830-1962 » présentée aux Invalides donne tort à tous ceux qui pouvaient nourrir des préventions avant de parcourir les salles du musée. Certes, ces visiteurs très énervés (sans doute des nostalgiques de l'Algérie française) qui ont inscrit sur le cahier disposé à l'entrée « À vomir ! L'exposition prend le point de vue de l'ennemi » ou « Même au musée de l'Armée, on continue à cracher sur l'armée » se trompent : il ne s'agit en aucune façon de prendre parti pour ceux qui se sont opposés armes à la main à la conquête au XIXe siècle, ni pour les nationalistes algériens privilégiant le combat politique au siècle suivant, ni, s'agissant de la guerre, pour le FLN. Mais toutes les « vérités », y compris celles-là, sont prises en compte. Et, en définitive, elles dessinent un panorama de la colonisation qui renvoie moins à l'histoire de l'armée française en Algérie qu'à celle de toutes les parties prenantes de l'occupation du territoire : les militaires français mais aussi les colons, les gouvernements français successifs et la population des Européens d'Algérie d'un côté ; les masses algériennes et les résistants de toutes obédiences mais aussi ces Algériens qui ont fait alliance avec le colonisateur, de l'autre.
Des preuves irréfutables et méconnues
Résultat, rien n'est caché. Pas même les épisodes les plus gênants pour l'armée française et les autorités politiques dont elle dépendait. Que ce soit au temps de la conquête (les atroces « enfumades » de populations civiles dans les grottes où elles s'étaient réfugiées, la stratégie de la terre brûlée et les réquisitions forcées de terres, etc.) ou pendant la guerre proprement dite (la généralisation de la torture, les exécutions sommaires, les villages incendiés, etc.). Des photos, souvent peu connues (comme celles de Jean-Philippe Charbonnier, les seules existantes sur ce sujet, montrant des scènes de torture dans l'Oranais), des témoignages d'époque, des entretiens avec des historiens, des cartes commentées, des images d'actualité ou de propagande des années 1950 fournissent à chaque fois des preuves irréfutables ou au moins des éléments convaincants pour attester la véracité de ces épisodes.
Certes, ici et là, quelques précautions de langage et autres subtiles approximations (on évoquera par exemple « des milliers de victimes » pour la répression qui suivit les événements de Sétif en 1945 alors que les historiens s'accordent à parler de chiffres très supérieurs) montrent que l'exposition a été conçue à Paris et non pas à Alger. Mais elle pourrait sans doute être montrée de l'autre côté de la Méditerranée sans choquer outre mesure. Massu et Bigeard, à coup sûr, se retourneraient dans leur tombe s'ils pouvaient aujourd'hui visiter le musée des Invalides. 
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MessageSujet: Re: La Guerre d'Indépendance [1954-1962]   Mer 10 Sep - 0:40



Commandant Azzedine, (photographié ici blessé lors de sa capture en 1958 par l'armée française, âgé à peine de 24 ans.). L'une des grandes figures de la guerre d’indépendance algérienne, archétype de l'officier de l'ALN

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MessageSujet: Re: La Guerre d'Indépendance [1954-1962]   Dim 14 Sep - 16:19

Biographie du
Commandant Azzedine


Citation :
Rabah Zerrari, qui fera beaucoup parler de lui par la suite sous le nom d'Azzedine, un bon chef de guerre : du coup d’œil sur le terrain, du courage, de l'autorité, il jouit d'un réel ascendant sur ses hommes et auprès de ses chefs, d'une bonne audience. Il deviendra la bête noire de Bigeard, et son histoire mérite d'être évoquée.
Né le 8 août 1934 à Béjaia en basse Kabylie, d'un père originaire de Kabylie qui le laisse orphelin à trois ans, il est élevé par son frère aîné, Saïd, militant du PPA (Parti du peuple algérien). Sa foi dans la patrie algérienne est fortifiée par les violences du 8 mai 1945 à Bône dont il est témoin. Livreur, puis garçon de café. En 1954, Rabah Zerrari a vingt deux ans et une seule passion, le football. Ouvrier soudeur autogène et à l'arc chez Caterpillar, à Alger, pour un salaire mensuel de 18 000 francs, il ne se trouve pas « malheureux » et ne s'est jamais intéressé à la politique. Comme tout le monde, il a entendu parler des événements du 1er novembre et, sans bien en comprendre la signification profonde, il suit les récits des attentats et accrochages de l'Aurès que font les journaux algérois. Le 25 février 1955, il est contacté par un militant du Clos-Salembier, Abderrahmane Lahla, qui lui demande de participer à la révolution. Rêvant de maquis, de sabotage de routes, Zerrari accepte. Mais comme, dans un premier temps, on ne lui demande que de cotiser pour 5 000 francs par mois, il est un peu déçu et insiste pour passer à l'action. Sans attendre les ordres, il décide de son propre chef d'attaquer au chalumeau le coffre-fort de l'usine Caterpillar où il travaille. Interrompu par des Français armés de fusils de chasse, il prend la fuite mais il est atteint d'une balle à un mollet, il se réfugie au Clos-Salembier, il rejoint en suite le maquis en wilaya IV, il change d'identité et est formé par le colonel Amar Ouamrane.
Dès l'été 1955, Rabah Zerrari change de nom en Si Azzedine est nommé responsable politique du secteur de Zbarbar, près de Palestro, et se fait remarquer par son esprit d'initiative pour faire payer les cotisations du FLN et monter des coups de main. Arrêté le 14 juillet 1956 à l'issue d'un combat désespéré où son unité est encerclée, blessé grièvement, il connaît de rudes conditions de détention à la prison de Tablat d'où il s'évade en octobre en emportant un Mat 49, suivi de 13 détenus1 . Nommé responsable militaire à la tête de 8 000 hommes de la région de Aïn Bessem, il monte avec succès une série de grandes embuscades qui le font reconnaître comme un des maîtres de la guérilla2 . Habillant ses « djounoud », tous volontaires, d'uniformes seyants, établissant avec eux un lien féodal, devenu capitaine, Azzedine hérite, début 1957, de la compagnie zonale dite " Commando ali Khodja " en wilaya IV créée par Ali Khodja. Cette force spéciale, forte de 120 hommes triés sur le volet, bien armés, bien entrainés, aguerris, parfois mesurés avec les forces de l'armée française, sous son commandement le nombre d'hommes de ce commando fut atteint le chiffre de 1 200. Azzedine mène tout d'abord un combat pied à pied contre les commandos noirs du général de Bollardière, d'autant plus dangereux pour l'ALN qu'ils ne torturaient pas et gagnaient des sympathies parmi la population. Économe du sang de ses hommes qui l'admirent et qu'il entraîne comme des marathoniens aptes au combat en montagne, spécialiste des actions rapides et hardis. Menant une guerre de seigneur, refusant les exactions, il libère un prisonnier et respecte ses adversaires, dont les capitaines de spahis Lebel2 , père et fils, tués respectivement les armes à la main en avril et mai 1957. Sa réputation est telle après le combat victorieux d'Oued Melah, qu'une grande opération est déclenchée contre lui ayant à sa tête le colonel Bigeard et le 3e RPC. Le 23 mai 1957, au combat d'encerclement d'Agounnenda qui va jusqu’au corps à corps, il laisse sur le terrain une partie de ses hommes qui se sacrifient pour couvrir le repli. De nouveau blessé début 1958, Azzedine se voit confier par le colonel Si M'Hammed, remarquable chef de guérilla, le commandement militaire de la wilaya IV. Ce qui lui permet de conclure au bénéfice de l'ALN l'affaire de la « Force K » par ralliement avec armes, de centaines de membres de cette tentative de contre-maquis. Très critique envers les « stratèges en chambre » qui négligent, depuis la Tunisie, la logistique des katibas de l'intérieur, méfiant envers les purges du colonel Amirouche, le 17 novembre 1958, à nouveau blessé (13 blessures en tout), il est fait prisonnier et est salué par des officiers du 3e RPIMA2.
Feignant d'accepter les principes de la « paix des braves », reçu en soldat par le général Massu1 , bien qu'ayant donné sa parole, il regagne le maquis. Après une odyssée de deux mois et demi de marche, il est porteur à Tunis d'un appel au secours des wilayas. Membre de la délégation algérienne en Chine en mai 1959, participant actif du CNRA (Conseil national de la révolution algérienne) de 1959 à 1962, adjoint au chef d'État-Major Général de l'ALN en 1960, il recrée, début 1962, la ZAA (Zone autonome d'Alger) afin de tenir en échec l'OAS. Il aura des contacts fréquents avec le préfet d'Alger, Vitalis Cros et Michel Hacq responsables de la « Mission C » pour la lutte conte l'OAS. Le 5 juillet, il déclare Alger ville ouverte, il est à la tete de 12 bataillons avec un arsenal de 18 000 armes. Peiné par les affrontements fratricides qui ensanglantent les premiers mois de l'indépendante durant la Crise de l’été 1962, il décide de son plein gré de quitter définitivement l'armée de libération et la vie politique. À 28 ans il commence une nouvelle vie, se marie et fonde une famille.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Commandant_Azzedine

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MessageSujet: Re: La Guerre d'Indépendance [1954-1962]   Ven 20 Fév - 7:04

YOUCEF KHATIB À CHLEF


“La Révolution algérienne a étonné tout le monde”



La Journée nationale du chahid a été célébrée, à Chlef, par l’organisation d’une conférence-débat animée par le docteur Youcef Khatib, dit colonel Si Hacene, chef de la Wilaya historique IV, à la salle des conférences de la Maison de la culture. Devant un parterre de moudjahidine,
suite de l article:
http://www.liberte-algerie.com/actualite/la-revolution-algerienne-a-etonne-tout-le-monde-220428
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MessageSujet: Re: La Guerre d'Indépendance [1954-1962]   Mer 19 Aoû - 21:51

Zighoud Youcef, le redoutable stratège militaire et maître de la guérilla



Zighoud Youcef, le redoutable stratège militaire et maître de la guérilla
ALGER - Le martyr Youcef Zighoud, un redoutable stratège militaire qui excellait dans l’art de la guérilla urbaine et des embuscades, avait réussi à lancer, le 20 août 1955, avec une poignée de moudjahidine, une offensive historique combinant actions militaires et soulèvement populaire dans le nord constantinois, pour prouver au monde entier la détermination du peuple algérien à recouvrir son indépendance.
Le colonel Zighoud, chef de la wilaya II historique et un des principaux dirigeants de la guerre de libération nationale, avait planifié et lancé l’offensive du Nord constantinois pour des visées militaires, politiques et diplomatiques.
L'offensive ambitionnait notamment de redynamiser la lutte armée en fragilisant le siège imposé aux Aurès et à la Kabylie et en menant des opérations militaires simultanément dans plusieurs régions pour disperser les troupes de l’armée coloniale.
Mobiliser le peuple autour de son Armée de libération nationale (ALN) et démontrer sa ferme volonté d'obtenir son indépendance aux opinions publiques française et internationale, était l’autre objectif que ce jeune colonel, décrit comme un "loup maigre et sec", par Jacques Duchemin, auteur d'une partiale et partielle Histoire du FLN (Table Ronde, Paris 1962), voulait atteindre.
Il était également question d’internationaliser la question algérienne en l'inscrivant comme une question de décolonisation à l’ordre du jour des Nations Unies dans une époque marquée par un large mouvement de libération.
suite de l article:
http://www.presse-az.com/algerienne/algerie-aps.htm
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MessageSujet: Re: La Guerre d'Indépendance [1954-1962]   Sam 7 Mai - 15:05

Massacres du 8 mai 1945: fin tragique d'une marche pacifique



SETIF - La marche pacifique engagée dans la matinée du 8 mai 1945 près de la mosquée de la gare de Sétif s'était achevée par l'assassinat de milliers de civils algériens par la France coloniale dans cette partie du pays et dans d'autres.
Croyant que la répression de la marche permettra l'éradication du mouvement national, l'occupant français abattra sauvagement plus de 45.000 personnes à travers plusieurs régions de l'Algérie, notamment à Sétif, Guelma et Kherrata. Cependant, ce génocide qui a mis la France coloniale à nu, traça le chemin vers novembre 1954, révèle des études historiques.
Le président de la Fondation du 8 mai 1945, Abdelhamid Selakdji, a indiqué à l'APS, à l'occasion de la célébration du 71ème anniversaire des massacres du 8mai 1945, que la marche avait débuté à 8 h30 devant la mosquée de la gare à Sétif vers la stèle commémorative du soldat inconnu près de la mosquée Benbadis (actuellement).
Elle se voulait une célébration de la fête de la victoire des alliés contre les nazis et un rappel à la France de la promesse qu'elle avait faite aux Algériens, appelés à combattre les nazis pour libérer la France : "Aidez-nous à libérer la France et vous aurez votre indépendance".
Une marche pacifique pour la liberté
S'agissant des préparatifs du mouvement national à la marche du 8 mai 1945, M. Slakdji a rappelé que c'est le Parti du peuple algérien (PPA interdit à l’époque) qui avait planifié dans la clandestinité la manifestation.
Le PPA avait désigné les membres de son bureau : Mahmoud Guenifi, Abdelkader Yahla dit Yala (Scouts Musulmans Algériens) et Mohamed Fatache pour négocier au nom des Amis du Manifeste et de la Liberté avec le sous-préfet français pour obtenir l'autorisation de la marche.
Les négociateurs avaient "arraché" l'autorisation difficilement après avoir convaincu le sous-préfet que la marche sera non-violence, a ajouté le président de la Fondation du 8 mai 45.
Pour faire preuve de bonne foi, les organisateurs ont exhorté les participants à la marche de "laisser de côté, bâtons et toute sorte d'objets qui peuvent être considérés comme armes, à l'intérieur de la mosquée", a-t-on encore noté.
Les organisateurs avaient désigné les militants Belkacem Bella dit Hadj Slimane et "Babaya" pour porter une gerbe de fleurs pour la déposer devant la stèle du soldat inconnu.
Selon Slakdji, les jeunes Scouts musulmans algériens étaient au second carré de la marche, suivis de "10.000 à 12.000 manifestants" durant un jour de marché hebdomadaire.
Evoquant les préparatifs clandestins qui avaient précédé la marche, le président de la Fondation 8 mai 45 a révélé que le PPA avait confié à certains de ses militants la mission de "préparer des bannières de 3 mètres de longueur et 70 cm de largeur", sur lesquelles étaient écrits "l'Algérie musulmane", "Vive l'Algérie libre" et "libérez Massali El Hadj".
Dans le même sillage, le PPA avait chargé Cheikh Bachir Amroune de confectionner le drapeau algérien  (50 sur 30 cm) et a désigné le militant Aissa Cheraka, connu pour sa fidélité au mouvement national, de dissimuler le drapeau sous son burnous avant de le soulever à  un endroit précis.
Le jour "J", les responsables du PPA étaient déterminés à faire savoir leurs revendications légitimes aux autorités coloniales en incitant les manifestants à lever les bannières dans des endroits précis du centre-ville, où il était supposé y avoir une forte présence des colons.
La PPA a également instruit les Scouts musulmans algériens d'entonner des chants patriotiques à l'instar de "Ya Chabab hayou Ecahamel El Ifriqui" (Vous les jeunes saluez le Nord-africain) dès l’arrivée au boulevard principal (Ex Boulevard de Constantine) "8 mai 1945 actuellement".
Le drapeau algérien, une histoire de vie ou de mort
Dès que les manifestants sont arrivés devant l'hôtel de France et lorsque le drapeau algérien fut hissé, la police coloniale avait usé de la force et de brutalité pour diviser les manifestants.
Le président de la Fondation du 8 mai 1945 a affirmé que l'intervention "sauvage" et "extrêmement violente" de la police de l'occupant français visait à "récupérer le drapeau algérien et les bannières, en provoquant des bousculades et des scènes de chaos et de violence". Le drapeau tomba, mais le jeune manifestant, Saal Bouzid, intervint pour le reprendre.
Ce geste patriotique avait coûté la vie à Saal Bouzid, premier martyr des massacres du 8 mai 1945 à Sétif, après avoir été abattu par le commissaire de police Olivieri.
La manière avec laquelle la police française a tenté, vainement, de stopper la marche, souligne M. Selakdji, n'était qu'un début "d'un bain de sang" et d'un "génocide" contre les civils algériens, sortis manifestés pacifiquement pour revendiquer la liberté et le droit à l'indépendance.
suite de l article:
http://www.presse-az.com/algerienne/algerie-aps.htm
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MessageSujet: Re: La Guerre d'Indépendance [1954-1962]   Sam 7 Mai - 15:11

Massacres du 8 mai 1945 : les scènes des crimes résistent à l'oubli à Guelma



GUELMA - Soixante et onze ans après les faits, les régions de Boumahra Ahmed, Héliopolis et Belkhir dans la wilaya de Guelma, demeurent témoins des terribles massacres d'un certain 8 mai 1945, perpétrés contre les algériens par l'armée française et les milices des colons, et qui allaient se poursuivre pendant un mois, ont affirmé des témoins.
Mohamed Tourache, 89 ans, se remémore et relate une épisode dramatique de l'histoire du "Petit", l'ancien nom de la commune de Boumahra, située à sept km à l'est de la ville de Guelma, où vivaient, à l'époque des faits, 3500 âmes.
L'octogénaire, la voix étranglée, se souvient du commencement des massacres dans une scène macabre quand la police française et les milices exécutaient 16 à 17 Algériens civils. Les criminels avaient ensuite entassé les dépouilles, avant de les asperger d'essence et les brûler, à côté du pont Seybousse, à la sortie de la localité, en allant vers la commune Djebala Khemissi.
"C'était insoutenable", lâche les yeux larmoyant ammi Mohamed. Soixante et onze ans en arrière, il n'avait que 17 ans et travaillait dans la ferme du colon Antoine Gaussi, une immense exploitation connue pour ses terres fertiles.         Il a également relaté comment qu'un certain Boulfelfel a pu miraculeusement échapper à ce massacre.
Un autre témoin, ammi Kaddour, âgé au moment des faits de dix ans (10) ans, se rappelle qu'au village Bled Gaffar non loin de Boumahra, à 14 km de Guelma-ville, le colon Dubois qui possédait une grande ferme dans la région a tué quatorze (14) algériens venus des communes d'Ain Sandel, Bouhchana, Lakhzara.
Ammi Kaddour se rappelle que l'été de cette année de 1945 était arrivé "plus tôt que prévu" dans cette région célèbre pour ses céréalicultures, ses viticultures et ses élevages bovins.
"La récolte d'orge et d'avoine avait à peine débuté, mais l'esprit de vengeance et la brutalité  des milices des colons appuyées par l'armée française ont transformé les jours qui ont suivi le 8 mai 1945 en un ‘véritable enfer’",  se rappelle ce témoin.
"Des avions de guerres ont rasé les maisons qu'habitaient les Algériens et ont brûlé leurs lopins de terres agricoles tout au long de l'oued Boussara", détaille l’octogénaire.
A deux (2) km de Bled Gaffar, dans la ferme de la famille Benyekhlef, en ce mois de mai 1945, ce que les colons ont perpétré  demeure "une honte", lance encore ammi Kaddour, plongé dans ses souvenirs.
"La ferme d'Amar Benyekhlef était une fierté pour tous les Algériens de la région et la vengeance aveugle des colons les a menés à spolier  cette ferme et à commettre un génocide dans lequel vingt (20) personnes dont le propriétaire de la ferme, des enfants et des femmes ont été tués".
Le four à chaux pour cacher l'horreur
Le moudjahid Saci Benhamla, décédé en 2013, dans un témoignage authentifié relate une scène qui l’avait profondément marqué en ce mai 1945.
"A l'entrée de la localité de Belkheïr (ex-Millesimo), au lieudit "le petit pont", l’armée coloniale française "a tiré à bout portant sur Brahim Kateb, âgé de 12 ans, tuant aussi sa mère Nafissa, enceinte de six mois, et son père Mohamed", témoignait-t-il.
Mohamed Kateb, poursuit ce témoin, était fonctionnaire à l’école de formation agricole de Guelma. Lui, et une vingtaine d’autres algériens civils et désarmés, exécutés par le secrétaire général de l’agglomération de Millesimo, ont été transférés à 5 km du lieu de cette tuerie pour être brûlés dans le four à chaux d’Héliopolis.
La "folie meurtrière" qui s’était emparée des dizaines de milices formées de colons, armées par l’armée française, pour riposter contre "l'audace" de milliers d’Algériens, épris de liberté, a perpétré l’inimaginable à Héliopolis, où des corps, "acheminés" par 20 camions, appelés "les camions de la mort" ont été brûlés dans ce four à chaux.
Des documents officiels de la défense des droits des victimes des massacres du 8 mai 1945, indiquent que 500 Algériens ont été exécutés sommairement, entassés dans un fossé. D'autres corps ont été acheminés, sous la protection de la gendarmerie coloniale dans des camions vers la ferme de Marcel Lavie, pour y être brûlés dans un four à chaux.
La mémoire collective à Guelma retient également l'histoire douloureuse de Zohra Rekki, tuée et coupée en morceaux avec ses deux frères Mohamed et Hafid, brûlés tous les trois, par la suite.
Les statistiques de la Fondation du 8 mai 1945, créée en 1995 révèlent que des documents d'archives font état de "18000 guelmois, parmi la population civile algérienne, qui ont péri dans la sinistre besogne française d'extermination d'innocents".
Ce mardi-là, précise M. Abdelaziz Bara, secrétaire général de la Fondation du 8 mai 1945, "était jour de marché hebdomadaire à Guelma. La manifestation pacifique à laquelle 2000 Algériens ont participé a débuté depuis le lieudit ‘El Kermat’, à l'extérieur de l'enceinte de la ville".
Pour le SG de la Fondation du 8 mai 1945, le plus important des acquis dans la commémoration de ces massacres est l'édification de onze (11) stèles commémoratives à Belkhir, Boumehra, Héliopolis, Oued Cheham, Lakhzara, et également à Guelma ville pour préserver la mémoire collective. Ces stèles raconteront aux futures générations l'histoire des massacres barbares perpétrés par la France coloniale, un certain mardi 8 mai 1945.
suite de l article:
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MessageSujet: Re: La Guerre d'Indépendance [1954-1962]   Mer 11 Mai - 0:53

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MessageSujet: Re: La Guerre d'Indépendance [1954-1962]   Mer 19 Oct - 7:29

Les intellectuels algériens et la révolution : Des moudjahidine de la plume méconnus



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 «Nous disons à nos dominateurs: l’Algérie nous appartient comme une terre doit appartenir logiquement à ceux qui la travaillent, qui peinent pour la faire produire.» «C’est notre sol natal, que de pères en fils nous fécondons de notre labeur: vous êtes venus nous déposséder, nous voler nos biens et, sous prétexte de civilisation vous nous obligez maintenant, pour ne pas mourir de faim, à trimer comme des forçats pour votre profit, contre un salaire de famine.»
Mohamed Saïl révolutionnaire algérien (1924)
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Pendant plusieurs décennies l’histoire de l’Algérie indépendante s’est bornée à celle de la glorieuse Révolution de Novembre. Après l’indépendance et pendant plusieurs décades il n’a pas été question de parler ou de témoigner sur le rôle des intellectuels qui ont contribué à la victoire de la révolution. Une regrettable chape de plomb étouffait tout autre expression que celle des combattants au maquis. Nos enfants n’ont eu pour viatique identitaire que quelques allusions éparses d’une histoire trois fois millénaire. Mieux encore, Il y eut une méconnaissance de l’apport important des autres Algériens et Algériennes à l’indépendance de l’Algérie.
Je veux restituer ma part de vérité de ce que je crois savoir pour affirmer que la Révolution algérienne, qui fut l’oeuvre des glorieux martyrs, a aussi été l’oeuvre de la société algérienne dans son ensemble, quelles que soient les confessions d’alors, sans oublier tous les Européens d’Algérie et les Français de souche qui ont cru en la Révolution. Ainsi, la notion de militant et de moudjahid devrait, de mon point de vue, être étendue à toutes celles et ceux qui ont porté haut et fort la voix de l’Algérie et les espérances du peuple pour la liberté et la dignité.
Dans cet ordre, nous ne devons pas oublier de citer l’engagement dans des conditions difficiles des militants «Moudjahidines de la Fédération de France» qui appartenaient à juste titre à ce qu’on appelle «La septième Wilaya» dont l’un des membres actifs, Maître Ali Haroun, a décrit l’épopée de ces Algériens qui croyaient en la révolution, qui prirent des risques inouis dans une «métropole hostile», qui en payèrent le prix, notamment avec les massacres de masse du 17 octobre 1961. La révolution fut portée par tout le peuple algérien sans exclusif. Chacun avec ses moyens, même en tentant de survivre dans une atmosphère marquée par la haine est d’une certaine façon un atout, dont aurait besoin l’Algérie indépendante, qu’il s’agisse du plus humble des besogneux, de l’universitaire, du médecin, de l’homme de théâtre ou tout simplement l’Algérien lambda. Parmi les moudjahidine qui luttèrent d’une façon aussi difficile qu’avec les armes, nous n’oublierons pas de citer à côté des étudiants, l’équipe de football du FLN, le théâtre du FLN…
 Dans cet ordre, personne à mon sens ne peut ne pas apprécier à sa juste valeur le travail remarquable des délégations algériennes dans les pays étrangers avec pour mission de porter la voix de l’Algérie haut et fort pour son indépendance. A titre d’exemple et sans que cela ne soit exhaustif, l’engagement de la délégation algérienne aux Nations unies, qui, avec de faibles moyens, a donné une dimension supplémentaire au combat sur le terrain. A convaincre le sénateur John Kennedy de la justesse du combat de l’Algérie, n’était pas simple. Arriver malgré les entraves en tout genre de la France pour étouffer la voix de l’Algérie aux Nations unies et arriver en définitive à donner une visibilité chaque année lors de l’inscription de la question algérienne n’était pas une mince affaire.
Et même là le rôle des universitaires a été traité d’une façon superficielle. Qui se souvient des universitaires et intellectuels qui sont morts pour la patrie? Qui se souvient de ces jeunes filles et jeunes garçons qui ont quitté les bancs du lycée ou de la faculté pour entrer dans la clandestinité ou mourir au maquis? La liste est longue. A ma connaissance, mis à part l’ouvrage de Yves Courrières sur la guerre d’Algérie, qui traite de la bleuite et des purges opérées et qui ont vu la fine fleur de ce pays mourir de la main de ses frères de combat. La bleuite est une manipulation des services secrets de l’armée française, du capitaine Léger. Pourtant et malgré tout, le cours de la Révolution fut irrésistible, rien ne pouvait l’arrêter.
Mohamed Saïl, un révolutionnaire des années 1920
S’il est un écrivain méconnu et qui a apporté sa pierre à la prise de conscience pour le combat pour la dignité mené en 1954, ce fut bien Mohamed Saïl. Arezki Slimani nous en parle: «Ce fameux paragraphe est de Mohamed Saïl. Il a été écrit en 1924. C’est à ce grand homme que l’association Taddarth-iw, à Tibane, rendra un hommage particulier. Arezki Slimani le présente: «Mohand Ameziane Sail fut l’un des militants anarchistes et indépendantistes, un militant engagé de la première heure. En 1923, il lance avec Slimane Kiouane, le Comité de défense des indigènes algériens. Durant la Première Guerre Mondiale, il est interné pour insoumission puis pour désertion. Entre 1924 et 1926, il écrit en Algérie dans Le Flambeau où il dénonce le colonialisme et le Code de l’indigénat, et appelle les Algériens à l’instruction, à la révolte et à «rejoindre les groupes d’idées avancées». En 1929, il créa le Comité de défense des Algériens contre les provocations du Centenaire. La France s’apprête à célébrer le centenaire de la conquête de l’Algérie (5 juillet 1830). L’ensemble du mouvement anarchiste dénonce le colonialisme: «La civilisation? Progrès? Nous disons nous: assassinat! (…)» (1)
 Emile Carme va plus loin dans la description de ce révolutionnaire méconnu: «(…) À l’âge de trente ans, il fustige dans Le Libertaire les «pirates rapaces» et les «canailles sanguinaires» qui assujettissent l’Algérie au nom de la Civilisation. La République, écrit-il, n’a rien à envier au fascisme: tous deux communient dans l’arbitraire et le désir de rabaisser. La même année (nous sommes en 1924), il publie dans Le Flambeau, un réquisitoire contre l’occupation de son pays. Ses mots cisaillent, tonnant contre la faim, la misère, les exactions et les humiliations qui ravagent sa terre, contre «l’ignorance, l’abrutissement dans lesquels vous nous maintenez pour mieux nous tenir sous votre joug», contre ce régime «de servitude et de trique» et la condition de «parias» dans laquelle son peuple est maintenu ».(2)
 «C’est notre sol natal, que de pères en fils nous fécondons de notre labeur: vous êtes venus nous déposséder, nous voler nos biens et, sous prétexte de civilisation, vous nous obligez maintenant, pour ne pas mourir de faim, de trimer comme des forçats, pour votre profit, contre un salaire de famine.» Pour étouffer la contestation et faire marcher au pas ce peuple rançonné, le pouvoir, poursuit-il, a institué le Code de l’indigénat». «Une honte pour une nation moderne.» (…) Et Saïl d’exhorter les hommes de bonne volonté, d’où qu’ils soient, à lutter pour «la suppression de l’odieux régime de l’Indigénat qui consacre notre esclavage». Il réclame pour les siens le droit à une vie digne et libre: «Prenez garde gouvernants, au réveil des esclaves!» «Prenez garde qu’un jour les parias en aient marre et qu’ils ne prennent les fusils.». Trente ans plus tard, le FLN surgira d’une nuit de novembre, armé et prêt à tout pour abattre le régime colonial. (…)» (2)
 «S’agissant des fêtes du centenaire de la colonisation, il écrit: «La République s’apprête, trompettes et bravos, hourras et homélies, à commémorer sa prise. (…) Saïl s’élève donc contre la foire coloniale que sera ce centenaire: «Que nous a donc apporté cette France si généreuse dont les lâches et les imbéciles vont partout proclamant la grandeur d’âme? Interrogez un simple indigène, tâchez de gagner sa confiance. (…) La presque totalité de la population indigène vit dans la misère physique et morale la plus grande. Cette misère s’étale largement. Dans les chantiers, les mines, les exploitations agricoles, les malheureux indigènes sont soumis à un travail exténuant pour des salaires leur permettant à peine de se mal nourrir. Commandés comme des chiens par de véritables brutes, ils n’ont pas même la possibilité de recourir à la grève, toute tentative en ce sens étant violemment brisée par l’emprisonnement et les tortures. N’ayant aucun des droits de citoyen français, soumis à l’odieux et barbare Code de l’indigénat, les indigènes sont traînés devant des tribunaux répressifs spéciaux et condamnés à des peines très dures pour des peccadilles qui n’amèneraient, dans la métropole, qu’une simple admonestation. Toute presse indigène étant interdite, toute association étant vite dissoute, il ne subsiste, en Algérie, aucune possibilité de défense pour les malheureux indigènes spoliés et exploités avec la dernière crapulerie qui puisse exister.» (2)
 Il meurt quelques jours plus tard, le 30 avril 1953. Moins de trois mois plus tard, six ouvriers algériens et un métallurgiste français tomberont sous les balles de la police, lors d’une manifestation en faveur de l’indépendance de l’Algérie.
Les intellectuels et la lutte pour l’indépendance
 On s’accorde à dire que la Révolution fut préparée par les élites politiques et on cite trois personnages de taille: Messali, Abbas, Ben Badis. Pourtant, la Révolution fut portée aussi et de façon importante par les intellectuels qui ont préparé avant la révolution, par leurs écrits, la dénonciation du pouvoir colonial et de la colonisation et naturellement pendant la révolution en alimentant le débat et en se battant pied à pied avec les intellectuels français racistes nostalgériques dans toutes les instances où il leur est permis de s’exprimer à travers la presse, mais aussi à travers leurs ouvrages. Sans être exhaustifs nous allons citer quelques-uns de ceux qui se sont engagés pour la dignité des Algériens et pour le combat libérateur.
Dans un premier temps, la littérature algérienne est marquée par des ouvrages dont la préoccupation était l’affirmation de l’entité nationale algérienne par la description d’une réalité socioculturelle qui allait à l’encontre des clichés habituels de l’exotisme, c’est à ce titre qu’on assiste à la publication de romans tels que la trilogie de Mohammed Dib, avec ses trois volets que sont la Grande Maison, l’Incendie et Le métier à tisser, ou encore le roman Nedjma de Kateb Yacine qui est souvent considéré comme une oeuvre majeure. D’autres écrivains connus ont aussi contribué à l’émergence de la littérature algérienne parmi lesquels Mouloud Feraoun, Moufdi Zakaria le poète, entre autres, créateur de l’hymne national Kassaman, Mouloud Mammeri, Mohamed Dib, Malek Haddad, Jean Amrouche et Assia Djebar.» (3)
Sans oublier le poète Mohamed Laïd el Khalifa traqué par la police pour son engagement.
Trois écrivains dans la révolution
Dans cet ordre, je fais mienne cette contribution de Adel Fathi, consacrée à trois géants de la littérature algérienne et leur engagement pour la Révolution. Nous lisons: «Durant les années cinquante, la voix d’un romancier avait sans doute plus de résonance dans le monde que celle, par exemple, d’un tribun dont le champ d’action est, par définition, limité dans l’espace. Aujourd’hui, on reconnaît à Mohammed Dib, Kateb Yacine, Mouloud Feraoun, leur caractère de visionnaires, du fait qu’ils ont, d’abord, vu venir l’explosion -dont ils accepteront de devenir des porte-étendards – qui allait enfin enrayer l’occupation. Toutes les oeuvres qui avaient précédé ou accompagné le déclenchement de l’insurrection du 1er Novembre 1954 évoquent avec une pertinence et véhémence inégalables l’injustice dont était victime le peuple dans son écrasante majorité. (…) Le cheminement qu’a suivi l’oeuvre de Mohammed Dib incarne cette dynamique unique dans la littérature algérienne contemporaine qui sera portée par toute une génération d’écrivains. Ainsi, dès 1952, paraît en France, La Grande Maison, premier volet de sa trilogie Algérie, qui retrace avec un réalisme saisissant le quotidien des Algériens d’avant-guerre, avec leur lot de misère, de privation et de répression. C’est là qu’il parle, en parallèle, des grèves des ouvriers agricoles et des revendications nationalistes naissantes. (…) Les deux autres volets de la trilogie, L’Incendie et Le Métier à tisser, sortent en 1954 . Ce qui lui vaudra rapidement d’être expulsé d’Algérie par la police coloniale.» (4)
«Son concitoyen et néanmoins camarade de lutte, Kateb Yacine, entame son parcours durant la même période, fin des années quarante, parcours qui sera bientôt confondu avec celui de la lutte des Algériens pour leur indépendance. (…) Dès 1947, alors qu’il avait peine 17 ans, Yacine commence à donner des conférences sur l’histoire de la résistance algérienne, et notamment sur le parcours de l’Emir Abdelkader(…). Kateb Yacine assumera ce double engagement, politique et littéraire, jusqu’à la fin. Dans les années cinquante, il continuera à s’exprimer, par la poésie et le théâtre pour dénoncer les affres du colonialisme. En 1954, la publication de sa première pièce, le Cadavre encerclé, à Paris, coïncidait avec le déclenchement de la Révolution. Ce texte demeurera interdit en France. (…) Son roman phare, Nedjma, paraît en 1956. Parallèlement, il continue à donner des déclarations et à intervenir dans le débat politique pour porter la voix de l’Algérie en lutte contre le colonialisme, avec ses arguments d’écrivain foncièrement humaniste. Mais la police française le harcèle, il fait la connaissance d’auteurs et d’intellectuels algériens en exil, comme Malek Haddad et Mouloud Kassem (…), Il publie en 1959 Le Cercle des représailles.» (4)
 L’autre monument de la littérature algérienne, Mouloud Feraoun, suivra, lui, un tout autre cheminement. Politiquement moins engagé, il n’en sera pas moins mêlé à la grande tragédie de son peuple, par sa plume, sa présence et son rayonnement. Il a commencé à écrire son premier roman, autobiographique, Le Fils du pauvre, en 1939 réédité en 1954, mais expurgé des soixante-dix pages relatives à l’école normale de Bouzaréah, jugées «trop audacieuses». En 1953 paraît son roman phare, la Terre et le sang, Une année plus tard, la guerre éclate. La même année, il publie Jours de Kabylie. De 1955 à 1962, (…) il rédigea son Journal, publié à titre posthume. L’auteur dénoncera les exactions de l’OAS et la politique de la terre brûlée dont il sera lui-même victime.» (4)
 Dans le même ordre, lorsqu’éclate la guerre de Libération, Mouloud Mammeri se met au service de la Révolution algérienne. Il écrit d’abord, dans le journal L’Espoir d’Algérie puis, entre 1956 et 1957, il adresse à l’ONU une série de lettres dénonçant la colonisation et les exactions commises par l’armée française. Au cours de la bataille d’Alger, en 1957, il compose une pièce de théâtre intitulée Le Foehn, dont il doit détruire le manuscrit devant les menaces de mort. Après l’indépendance, Il écrivit un ouvrage-fresque l’Opium et le bâton où il résume la guerre et, le talent d’Ahmed Rachedi est d’avoir su en moins de deux heures en faire un film qui a condensé 2800 jours de tragédie, de sang, de larmes et de traumatismes.
 Mohamed Saïl a contribué avec les autres au ferment de la révolution de Novembre qui a été un coup d’éclair dans le ciel serein de la colonisation. Cette contribution est un témoignage envers tous ceux qui ont participé à cette belle épopée de Novembre.
Professeur Chems Eddine Chitour
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